Une douleur de genou qui persiste, une radiographie normale alors que les symptômes continuent, une prothèse à surveiller ou une suspicion d’infection peuvent conduire à prescrire une scintigraphie osseuse. Cet examen de médecine nucléaire explore l’activité de l’os. Il cherche les zones où l’os réagit, se répare, s’enflamme ou se modifie.
Ce que montre vraiment une scintigraphie osseuse du genou
La scintigraphie osseuse du genou est un examen d’imagerie nucléaire réalisé dans un service de médecine nucléaire. Elle repose sur l’injection par voie veineuse d’un produit faiblement radioactif, appelé traceur radioactif. Ce traceur circule dans l’organisme puis se fixe davantage dans les zones osseuses où l’activité métabolique est augmentée.
Le traceur cité dans les contenus spécialisés est le Technétium 99m. Une fois fixé sur les tissus osseux abîmés, modifiés ou plus actifs, il émet un signal détecté par une gamma-caméra. Un ordinateur transforme ensuite ces signaux en images que le médecin nucléaire interprète.
Pourquoi l’examen peut être utile si la radiographie est normale
La radiographie classique montre surtout la structure osseuse visible, comme un alignement, une fracture évidente, un pincement articulaire, une déformation ou une usure avancée. La scintigraphie s’intéresse à l’activité de l’os. Elle peut donc révéler des anomalies osseuses précoces ou discrètes, parfois invisibles à la radiographie.
Cette différence compte en cas de douleur persistante du genou. Une zone qui fixe fortement le traceur ne signifie pas automatiquement une maladie grave, mais elle indique un remaniement osseux à corréler avec l’examen clinique, les symptômes et parfois d’autres imageries.
Dans quelles situations prescrit-on cet examen du genou ?
Une scintigraphie du genou n’est généralement pas demandée en première intention pour une douleur banale. Elle intervient plutôt lorsque le médecin cherche à comprendre une douleur squelettique inexpliquée, à préciser une anomalie ou à compléter des examens déjà réalisés. L’objectif est de mieux situer l’origine du problème, surtout quand les images classiques ne suffisent pas.
- Douleur persistante du genou malgré une radiographie peu contributive.
- Blessure osseuse ou suspicion de lésion passée inaperçue.
- Fissure de fatigue, notamment lorsque la douleur apparaît à l’effort et persiste.
- Arthrose, quand il faut évaluer des remaniements osseux associés.
- Infection, y compris autour d’une prothèse du genou selon l’Institut Harmonie Tours.
- Prothèse douloureuse, pour rechercher une complication en lien avec l’os ou l’implant.
- Métastases osseuses dans un contexte de cancer, lorsque le médecin souhaite explorer le squelette.
Genou douloureux : penser aussi à la répartition des contraintes
Un genou ne travaille jamais seul. Il reçoit des contraintes venues de la hanche, de la cheville, du pied et de l’autre jambe. Si l’appui, la marche ou la posture se répartissent mal, certaines zones osseuses peuvent être davantage sollicitées et réagir plus fortement. L’image de la balance aide à comprendre ce mécanisme : quand un côté compense trop, l’os peut montrer une fixation localisée. Cette lecture ne remplace pas l’examen clinique, mais elle aide à interpréter une image en tenant compte d’un traumatisme ancien, d’une boiterie, d’une activité sportive ou d’une prothèse.
Déroulement : injection, attente, images
Le parcours est assez codifié. L’examen commence par une injection intraveineuse du traceur radioactif. Selon l’Hôpital Foch, 1 ou 2 clichés peuvent être réalisés au moment de l’injection, pendant environ 10 à 15 min. Cette première étape dépend de l’indication et de l’organisation du service.
Après l’injection, il faut attendre que le produit se fixe dans l’os. L’Hôpital Foch indique un délai de 2 à 6 heures. MNT37 mentionne des images osseuses réalisées environ 2h30 après l’injection du médicament radioactif. Pendant cette période, le service peut donner des consignes spécifiques ; il est parfois possible de quitter temporairement le service selon l’organisation locale.
Pendant les images : rester immobile compte vraiment
Les images sont réalisées en position couchée sur une table d’examen. Le détecteur ou la gamma-caméra se déplace autour de vous ou au plus près du corps, sans nécessairement vous toucher. La durée des images est généralement de 30 à 45 minutes, durée retrouvée à la fois dans les informations de l’Hôpital Foch et de MNT37.
L’immobilité est essentielle. Un mouvement, même bref, peut créer du flou et diminuer la précision diagnostique. Si vous avez mal au genou en position allongée, si vous êtes anxieux ou si vous pensez avoir du mal à rester immobile, signalez-le à l’équipe avant le début des acquisitions. Elle pourra vous aider à vous installer le plus confortablement possible.
Scanner ou TDM couplé : à quoi cela sert ?
Dans certains cas, des acquisitions complémentaires peuvent être couplées à une TDM selon l’Hôpital Foch, ou à un scanner selon MNT37. L’intérêt est de rapprocher deux informations : d’un côté, la scintigraphie montre une zone d’activité osseuse ; de l’autre, le scanner aide à localiser plus précisément l’anomalie sur le plan anatomique. Ce couplage est utile quand il faut relier un remaniement osseux à une lésion précise.
| Examen | Ce qu’il apporte surtout | Intérêt pour le genou |
|---|---|---|
| Radiographie | Image de la structure osseuse | Recherche d’arthrose avancée, fracture visible, déformation |
| Scintigraphie osseuse | Activité osseuse et remaniements | Douleur inexpliquée, fissure de fatigue, infection, prothèse, métastases |
| IRM | Analyse fine des tissus et de nombreuses structures articulaires | Complément utile selon la question médicale posée |
| Scanner ou TDM | Localisation anatomique détaillée | Corrélation avec une zone de fixation scintigraphique |
Préparation, radioactivité et précautions à connaître
Dans la plupart des cas, aucune préparation alimentaire particulière n’est nécessaire. Il n’est généralement pas demandé d’être à jeun. L’Hôpital Foch précise aussi qu’il n’est pas nécessaire de modifier son traitement, sauf consigne contraire donnée par l’équipe médicale ou le médecin prescripteur. La préparation reste donc simple, avec surtout des consignes pratiques à respecter le jour de l’examen.
Le mot “radioactif” inquiète souvent, mais le produit utilisé est faiblement radioactif. L’Institut Harmonie Tours évoque une dose infime dans le cadre de la scintigraphie du genou. La radioactivité résiduelle diminue ensuite et le produit non fixé est éliminé progressivement, notamment par les urines. C’est pour cela que les recommandations après l’examen insistent sur l’hydratation et les passages aux toilettes.
Les informations à signaler avant l’examen
Certains éléments doivent impérativement être communiqués au service de médecine nucléaire avant l’injection : grossesse connue ou possible, retard de règles, allaitement, antécédents particuliers ou difficulté à rester allongé. Ces informations ne signifient pas toujours que l’examen sera annulé, mais elles permettent à l’équipe d’adapter la conduite à tenir et de vérifier que le protocole prévu est bien adapté.
En cas d’allaitement, l’Hôpital Foch recommande une interruption pendant 4 heures après l’examen, avec du lait tiré et jeté pendant cette période. Cette consigne doit être confirmée avec le service qui vous accueille, car les recommandations pratiques peuvent dépendre du protocole utilisé.
Après l’examen : boire et vider la vessie
Après une scintigraphie osseuse, il est recommandé de boire fréquemment et de vider souvent la vessie afin de favoriser l’élimination du produit non fixé. L’Hôpital Foch mentionne cette recommandation pendant les 3 à 4 heures suivant l’examen. Ces gestes simples aident à éliminer plus vite la radioactivité résiduelle.
Pour l’entourage, aucune précaution particulière n’est généralement nécessaire selon l’Hôpital Foch, en dehors des situations spécifiques qui doivent être discutées avec l’équipe médicale. Cela peut concerner un contact proche avec une femme enceinte ou un très jeune enfant si le service vous donne une consigne adaptée.
Résultats, interprétation et prise en charge
Les images sont analysées par un médecin nucléaire. Le résultat ne se limite pas à dire si le genou “fixe” ou non. Il décrit la localisation, l’intensité et le contexte des fixations observées. Une fixation augmentée peut correspondre à plusieurs situations, par exemple une arthrose active, une réaction osseuse après traumatisme, une fissure de fatigue, une infection ou un remaniement autour d’une prothèse.
Le compte rendu est transmis au médecin prescripteur, qui le confronte à vos symptômes, à l’examen clinique et aux autres examens déjà réalisés. C’est cette synthèse qui permet de décider de la suite : surveillance, traitement, imagerie complémentaire, avis spécialisé ou prise en charge d’une complication.
Prix et remboursement
La scintigraphie osseuse est un examen prescrit par un médecin. Selon Elsan, son prix est entièrement pris en charge par l’Assurance maladie et la complémentaire santé. Des dépassements d’honoraires peuvent toutefois exister dans certains établissements, avec devis préalable selon Elsan. En pratique, il est utile de vérifier les modalités auprès du centre de médecine nucléaire et de votre complémentaire avant le rendez-vous.
Si cet examen vous est prescrit, l’essentiel est de venir avec l’ordonnance, vos examens antérieurs du genou si vous en avez, et les informations médicales utiles. La scintigraphie apporte surtout une vision fonctionnelle de l’os. Elle aide à comprendre pourquoi un genou continue de faire mal lorsque les images classiques ne suffisent pas à expliquer les symptômes.
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